Anémones sylvies

Doit-on accorder sylvie ou pas ? Doit-on mettre une majuscule ? Je ne sais pas. Ces fleurs blanches sont emblématiques de l'acte I du printemps dans les forêts de plaine en Côte d'Or. Elles n'ont pas encore atteint le paroxysme de leur floraison, mais elles apportent un total changement d'ambiance dans les sous-bois.






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Commentaires

  1. Je ne suis pas une référence absolue, loin de là, mais je suis bien dans la problématique professionnellement parlant en diffusant des rapports et surtout en publiant des livres concernant de près la botanique. Alors pour cette espèce, sans esquiver, chez nous, on l'appelle Anémone des bois. On peut l'appeler Sylvie tout court, avec une majuscule initiale et cela s'accorde. En revanche, Anémone(s) sylvie(s) avec une minuscule à sylvie car cela correspond alors à un épithète spécifique qui ne se rapporte pas à un prénom mais à un adjectif qui ne correspond pas à un nom propre. Donc, la règle que nous utilisons (pas que nous, mais certains font autrement, mais à tort selon moi).
    - Nom de genre (quand il est suivi de l'épithète spécifique - comme pour les noms scientifiques) : majuscule initiale.
    - Épithète spécifique : minuscule initiale, sauf quand le nom correspond à un nom propre .
    - Exemples : Renoncule rampante, Chêne pédonculé MAIS Ophioglosse des Açores,
    Épervière [ou Piloselle] de Lepèletier...

    Quand le nom de genre est utilisé de manière générique (c'est une lapalissade de dire ça, mais au sens où l'on ne désigne pas une espèce en particulier), on ne met pas de majuscules au nom du genre. Exemples : les chênes, les scilles.
    Toutefois, cela se complique un peu quand un seul mot suffit à désigner communément une espèce précise. Exemple : un Hêtre (car il n'y a qu'une espèce de hêtre indigène en France ou en Europe occidentale, mais en Europe orientale, ce serait différent).
    Cela montre aussi tout l'intérêt des noms scientifiques qui sont beaucoup moins problématiques en général, à condition d'utiliser l'autorité complète après le binôme latin, et même s'il y a aussi parfois des problèmes dans la traduction des noms scientifiques ou des évolutions, des confusions. Exemple : Quercus robur L. n'est pas le Chêne rouvre (appellation française encore utilisée mais ambiguë) mais le Chêne pédonculé (un des anciens noms scientifiques est Quercus pedunculata Ehrh. ex Hoffm.). Ce que les forestiers appellent le Chêne rouvre est le Quercus petraea (Matt.) Liebl. qui est le Chêne sessile (nom à retenir de préférence, dont un ancien nom scientifique est Quercus sessiliflora Salisb.).

    Sinon, à part ça, le plus important est quand même de dire que ces photos d'Anemone nemorosa L. sont très jolies !

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    1. Anémones des bois me plais bien. J’hésitais à utiliser ce nom par crainte de confusion avec l'Anémone sylvestre, en raison du sens du mot sylvestre "relatif aux forêts". Or je crois que l'Anémone sylvestre est rare et je n'en ai jamais vu. D'après l'atlas de la flore sauvage en Bourgogne, il n'y en a effectivement pas près de chez moi.

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    2. Ce n'est pas toujours bien distingué, mais j'en avais discuté avec un latiniste et je m'en suis fait une règle.
      "sylvestris" ou "silvestris" est bien relatif aux forêts, mais aux forêts éloignées des villes et villages, non/peu exploitées, mais du coup, on a généralement tendance à le traduire davantage en "sauvage".
      "sylvatica" ou "silvatica" (issu de silva, forêt), fait davantage appel à la (grande) forêt plus proche, plus exploitée.
      "nemorosa" fait référence aux bois de plus petite taille, comme on le fait généralement en français aujourd'hui.
      Attention toutefois, les adjectifs portés par les épithètes spécifiques ne sont pas toujours très descriptifs. Il s'agit parfois d'autre chose et il faut alors comprendre le nom comme une étiquette qui n'a pas nécessairement de sens.

      Quant à Anemone sylvestris L., l'Anémone sauvage, ce n'est pas une espèce forestière, mais plutôt une espèce d'ourlets ou de pelouses calcicoles, globalement très rare en France (et donc en Bourgogne).

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    3. Merci pour ces précisions. Je rencontre parfois Felis silvestris silvestris lors de mes promenades, effectivement, plutôt loin des habitations et des chat harets par ailleurs de plus en plus nombreux et éloigné des habitations :-).

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  2. j'ai commencé à en voir mais avec ce temps , elles font grise mine.
    Elle sont le symbole de l'arrivée du printemps avec les primevères et les violettes.

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  3. Ma préférée sera la dernière photo de ces anémones "en couple".
    Belle explication botanique de Cornus.

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  4. Je lis ce billet avec ces très inspirantes photographies alors qu'il fait sous les moins vingt degrés ici... Le printemps tarde un peu chez nous cette année.

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    1. Chez nous aussi, c'est très lent, mais pas à ce point là. On est plutôt dans la boue et l'humidité, avec encore des gelées matinales alors que les pêchers commencent à fleurir.

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